Quelques réalisations

La Dauphine

Le défi était de taille à l’époque, succéder à la 4CV, que l’on surnommait chez Renault la Reine, tant son succès populaire fut phénoménal tout au long des années 50. Succéder à la Reine, être sa Dauphine… le nom était tout trouvé. Et le pari fut relevé avec brio tant la valeureuse petite berline fut omniprésente sur les routes françaises pendant sa production jusqu’en 1966 et bien après encore.

Sa bouille toute ronde, son comportement routier, son habitabilité, ta légendaire tenue de route approximative (mais je ne suis pas d’accord, je vous expliquerai plus tard), elle a tout pour plaire ou à défaut ne pas laisser indifferent… Retour sur une restauration haute en couleurs!

La petite R1090 d’octobre 1958 est arrivée au garage en décembre 2018. Elle était restée stockée dans un sous sol de Lyon pendant de longues années et n’avait pas vu la lumière du jour depuis longtemps.

Le chantier de restauration s’est rapidement annoncé long et complet, même si la partie mécanique nous a rassurés puisque le moteur et la boite se sont avérés être en très bon état d’origine. En revanche les soubassements et les traverses étaient très corrodés, l’intérieur pourri, le ciel de toit absent, les freins a reprendre intégralement, ainsi que les suspensions et la direction. Bref Tout a revoir.

Il nous aura fallu un peu plus de deux ans pour en venir à bout, avec deux périodes de confinement du au COVID19 qui nous aura permis de nous y consacrer pour les gros chantiers que furent la carroserie et l’intérieur.

Le résultat est remarquable. La voiture est silencieuse, son petit moteur, avec ses trois vitesses, est vraiment nerveux, elle freine bien, sa direction est légère. Après quelques kilomètres je l’aime vraiment cette Dauphine, et en la conduisant sans brutalité, rien ne vient effacer le sourire qui me vient naturellement à son volant, et surtout pas cette fameuse tenue de route si souvent décriée.

On comprend mieux son succès populaire, et après un petit passage a vide dans le monde de la voiture de collection, la Dauphine revient en grâce à juste titre, et sa côte ne cesse de grimper. C’est bien mérité!

La Cox Jeans

Née en 1974, la Cox Jeans fait partie de ces séries limitées des dernières années de production, notamment destinées à un public « jeune ». Celle ci était la propriété de Fabrice depuis plus de trente ans, et avait été remisée en 2001 pour ne plus bouger pendant 18 ans…

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la partie mécanique, laissée telle quelle a nécessité une révision complète et en profondeur, sans pour autant être obligé de sortir le moteur. Freins, trains roulants, électricité, allumage, carburation y sont passés.

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Ce sont  la carrosserie et les soubassements qui ont nécessité le plus gros travail. Les longerons se sont révélés très fatigués, les supports d’amortisseurs quasiment morts, heureusement les planchers étaient sauvables. Il aura finalement deux fois plus d’heures de travail que prévu pour en venir à bout…

Mais quel résultat! Restaurée dans le respect de l’origine, son magnifique « Phoenix Rot » et ses accessoires noir mat façon « German Look » sont du meilleur effet. La sellerie, confiée à un sellier retrouve également son habillage « jeans » noir et ses coutures jaunes.

Une belle auto qui ne passera pas inaperçue dans le paysage routier moderne fait essentiellement de tristes voitures noires, grises ou blanche… Vive les Seventie’s!!!

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Joyeux anniversaire!

Pas facile aujourd’hui de dénicher une petite Fiat 500 pas trop pourrie, complète à un prix raisonnable pour envisager une restauration complète sans se ruiner… C’était le défi à l’occasion de l’anniversaire de ma chérie…Défi relevé mais qui nécessita un peu plus de temps que prévu. Chacun des trois anniversaires suivants a vu une étape supplémentaire de la restauration, pour pouvoir enfin en profiter, toit ouvert, sur les routes de Provence.

La petite FIAT quitte la Savoie pour une destination plus au sud…

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Les travaux de carrosserie et de sellerie

vont s’annoncer beaucoup plus importants que prévu…

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Alors que la partie mécanique est quant à elle en bien meilleur état et a pu être remontée pratiquement telle quelle dans une caisse totale refaite…

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Enfin, après de longues heures de travail…

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La petite italienne sillonne de nouveau les routes pour le plus grand plaisir de sa nouvelle propriétaire!!

La Vespa de 54

Je me rappelle gamin voir ce scoot’ traîner au fond d’une grange chez les grands parents de mon ami Ben. C’était il y a plus de 30 ans. Cette vespa de 54 était celle de son père, laissée en panne au milieu des années soixante et malmenée par des générations de gamins depuis.

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Vingt ans plus tard, je lui demandais ce qu’il devenait, et connaissant mon intérêt pour l’engin, m’en fit cadeau à ma grande joie.

Il m’aura encore fallu près de dix ans pour m’atteler à sa restauration totale. Démontage  mécanique carrosserie et trains roulants, tout a été repris pour redonner au scoot son aspect d’origine, avec sa robe verte clair et son look irremplaçable, avec en prime un moteur qui a une super pêche.

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La 403 des familles

La 403 est une de mes voitures préférées. Après avoir été ma première voiture, ma première restauration fut une 403 il y a 25 ans.

A peine le permis en poche, j’avais rassemblé mes économies pour acheter une 7Cv, au grand dam de mes parents qui auraient préféré un choix plus sage. C’était une des dernières 403 produites, en 1966, elle avait donc à l’époque moins de 25 ans et n’était pas encore considérée comme un « véhicule de collection »… C’est un peu comme si aujourd’hui j’achetais un 406 de 1994! Les sensations et le look seraient assez différents je pense!

Mais non content de rouler en « ancienne », je voulais en savoir plus, démonter un moteur, me faire la main sur une épave sans dépenser beaucoup ni prendre trop de risques…Je suis alors tombé sur cette épave de 403, une 8CV cette fois ci, qui pourrissait dans l’arrière cour d’un garage près de Salon de Provence. Le garagiste me l’a vendue et livrée pour 500 francs (75 euros)…

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Très incomplète, j’ai malgré tout découvert une épave très saine, et qui méritait peut être mieux qu’un désossage sauvage. La dépose du moteur fut sans doute la première étape la plus spectaculaire de mes premiers pas dans la restauration. Avec le coup de main de l’ami Manu, c’est pas peu fiers qu’on pose tous les deux après l’opération…

403déposeMoteurLe moteur a été démonté complètement, et refait, sans doute pas dans les règles de l’art, mais vu tous les kilomètres qu’il a fait après, ça ne devait être pas si mal…

403Moteur…et de fil en aiguille, on s’est attaqué à la caisse, aux freins, à l’électricité, sans y connaitre rien mais en découvrant au fur et à mesure, avec les conseils d’un vieux garagiste du coin qui s’amusait de voir un gamin de 22 ans se passionner pour cette gimbarde et y passer ses week ends et vancances….

403InterieurPour finir 6 mois plus à devoir l’emmener dans mon déménagement. Et hors de question que ce soit sur un plateau. Son premier trajet après la restauration fut de 700 km… Elle n’a pas bronché. Vingt cinq ans plus tard, elle est encore dans mon garage…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAFort de cette prière expérience, les restaurations de 403 se sont enchainées, avec un petit faible pour les breaks, commerciaux et familiale…

403CambraiAvant ma dernière, une familiale de 1959, qui nécessita un énorme travail de carrosserie, mais dont toute la famille a profité pendant des années avec ses 7 places, son odeur et son bruit si particulier…un vrai plaisir!!!

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ROULEZ en ancienne!

Je ne connais pas beaucoup de monde qui ne les aime pas…

Même polluantes ou bruyantes, inconfortables et limite dangereuses (au regard des critères actuels de sécurité routière), rares sont ceux qui restent totalement indifférents quand sur la route ils aperçoivent la voiture de leur enfance, ou un beau cabriolet anglais, aussi réjouissant par ses formes inégalables que par le sourire communicatif de son équipage. Une bienveillance souvent doublée d’incompréhension et d’idées reçues. Comment font-ils pour trouver les pièces détachées ? Tout cela doit couter une fortune ; j’en révérais mais ce n’est pas le moment, ce serait un gouffre financier, j’attends la retraite, et j’en passe…

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Mais au fait est ce que vous avez déjà essayé ? Conduire aujourd’hui une voiture qui a quarante ans avec nos références actuelles? Gouter au confort inégalé d’une DS, passer « les vitesses au volant », écouter le feulement d’un V8 ou le sifflement d’un pont de 403, ouvrir les fenêtres ou le toit ouvrant pour profiter du beau temps plutôt que de tout fermer pour la clim ? Ouvrir le capot et comprendre (ou se faire expliquer) ce qui se passe dessous, sans se dire qu’il faut y brancher un ordinateur pour savoir d’où vient la panne. Voir jaune la nuit.

L’automobile ancienne (oublions le terme « de collection ») peut être aussi – mais oui- un plaisir simple et accessible, un truc réjouissant et tout le contraire d’un privilège de caste. Rouler « en ancienne », même tous les jours, c’est parfaitement possible et pas forcément plus cher. Certains modèles sont simples et réputés fiables, et il ne faut pas grand-chose pour prolonger cette réputation, à condition de bien choisir et d’être bien conseillé. Ces voitures ont des comportements routiers modernes et se faufilent dans la circulation actuelle sans problème, elles consomment relativement peu, freinent bien, sont très agréables à conduire car leur habitacle est très lumineux et leur moteur silencieux, elles sont souples et légères. Il y a un monde entre une 203 et une 204, bien plus qu’un simple digit. La première est une grand-mère (qui a de beaux restes quand même), la seconde est une voiture moderne, dans sa conception et son comportement, qui a fêté ses cinquante ans l’année dernière. Sans parler des « youngtimers », les voitures des années 80 qui sont les dernières voitures « faciles ».

L’automobile mérite mieux que son pur côté utilitaire ou la culpabilité que d’aucun Khmer vert voudrait aujourd’hui nous inoculer. Pour les irréductibles qui restent convaincus quoi qu’il en soit que les émissions d’une pauvre 2 CV sont responsables de l’augmentation de la fréquence des tornades tropicales, je demande juste un peu d’indulgence, ne serait-ce que parce que vous aussi, intégristes du carbone, vous trouvez qu’elle est rigolote à regarder. Et que c’est encore plus rigolo roulant que statique.

Parmi toutes ces voitures qui ont sillonné nos routes il y a quarante ans, un nombre incalculable est parti à la casse (Spéciale dédicace pour MM. Balladur et Juppé), mais nombreuses sont celles qui dorment encore aujourd’hui dans nos granges ou dans celle du voisin. Arrêtées et délaissées parce qu’une petite panne de rien du tout a pu les condamner à l’oubli, elles ne demandent qu’à repartir après un bon dépoussiérage et une cure de jouvence bon marché. Réduites au silence parce que moins désirables que leur descendante bourrée d’électronique, injustement ringardisée, elles ont au contraire tout pour plaire, un fort capital de sympathie et une personnalité indéniable.

Toutes les pièces mécaniques sont encore disponibles pour la plupart de ces voitures populaires. Leur qualité de fabrication est jusqu’à la fin des années 70 remarquable. Les intérieurs sont très solides, les matériaux vieillissent bien. De nombreux professionnels se sont organisés en réseau si bien que la remise en route et l’utilisation d’une Renault 16, sans parler d’une restauration complète, représentent un investissement le plus souvent assez modéré. La clef, c’est de trouver une voiture « saine », dont la carrosserie et l’intérieur n’ont pas trop souffert, ce que l’on appelle une bonne « base de restauration ».

A défaut les prix grimpent, il est vrai, au-delà des limites raisonnables pour ce genre de voitures.

Combien seriez-vous prêt à dépenser pour acheter une voiture sympa avec laquelle vous pourriez rouler quotidiennement sans vous prendre la tête, qui vous couterait autant en entretien courant que votre tristounette et insipide Clio diesel ? Sans parler du fait que, bien achetée, vous la revendrez le même prix qu’à l’achat, peut- être même mieux si vous tombez sur un modèle qui prend de la valeur. Qui dit mieux ? Et de toutes les façons, vous ne l’achèteriez pas pour la revendre, n’est-ce pas ?

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Sans être particulièrement « rentable » au sens d’un placement spéculatif (qui n’est valable que pour l’automobile ancienne haut de gamme), sans être à proprement parler un investissement, c’est à tout le moins un achat intelligent, joyeux et pas si couteux.
Posez-vous la question de savoir combien pourrait bien couter une voiture qui rendrait les mêmes services qu’une « moderne », qui vous procure plus de plaisir, et qui ne vous plume pas vos dernières économies. Combien une Peugeot 504 coupé de 1976 en parfait état peut bien valoir, quand on considère que ses héritières 406 voire 407 coupé seront de plus en plus difficiles à entretenir à cause de leur électronique embarquée ? 10 000, 15 000 ? Vous pourrez toujours réparer un carburateur, ou redresser une tôle, pas si sûr avec des cartes mères et des éléments de carrosserie en plastoc.

Parfois -hyper rarement- elles sont en panne.

Et alors ? La belle affaire ! Sauf que là, avec un minimum de connaissance, d’outillage et d’intérêt pour la chose, vous ne serez pas comme une poule devant un couteau. Vous allez pouvoir la bichonner, l’entretenir et prolonger sa nouvelle vie. Quoi de plus satisfaisant que de le faire soi-même. Si d’aventure ce n’est pas votre truc, confiez là à un mécano, un vrai, un artisan, avec les ongles noirs dans un garage qui sent la graisse. Il vous expliquera tout et vous fera beaucoup mieux partager sa passion pour son métier que le tâcheron de chez Midas ou le commercial de chez Audi. J’en connais quelques-uns, je pourrais vous les conseiller.

Enfin, pour faire plaisir à nos Khmers verts, pourquoi ne pas considérer tout cela comme une démarche citoyenne écoresponsable de recyclage (comme on dit pour faire bien), qui refuse l’ultraconsommation et le « tout jetable ». Qu’est ce qui fait encore aujourd’hui le charme de Cuba si ce n’est-entre autres- toutes ces vieilles automobiles des années 50 qui roulent toujours et qui paraissent éternelles ?

Leurs jours sont hélas comptés, leur géniteur est désormais de retour sur l’ile et ne tardera pas à inonder la Havane de voitures low costs qui remplaceront les vénérables gimbardes à bout de souffle. C’est triste non ?

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Alors je vous le dis, plutôt que de chercher en vain comment dépenser intelligemment votre argent, chercher des placements rentables qui ne changent rien à l’ennui quotidien qui vous ronge, n’hésitez plus, payez-vous une ancienne et roulez avec ! Vous allez découvrir de nouvelles sensations: une des premières, une fois au volant, c’est se voir adresser un sourire plutôt qu’un coup de klaxon énervé ou un geste obscène; ça c’est plutôt agréable. Et vous vous surprendrez même à sourire en retour à cet inconnu devenu subitement bien urbain. Bref, vous vous sentirez mieux.

Sans pour autant chercher « Le » modèle, commencez modeste. Allez-y à l’instinct. Ne réfléchissez pas trop, ressentez, faites-vous plaiz… et savourez !