La petite guêpe française
L’histoire de la Vespa 400 est atypique. On pourait la croire italienne exportée, construite sous licence par ACMA en France, comme les scooters de la même époque. Et bien détrompez vous… elle est bien de conception italienne, mais déstinée exclusivement au marché français, construite à 30 000 exemplaires de 1957 a 1961. Il n’en reste aujourd’hui qu’un petit millier roulant, c’est vous dire sa rareté et la difficulté à trouver certaines pièces…
Celle ci est une voiture de famille. Achetée en 1959, elle va rouler jusqu’en 1979 avant d’être remisée, sans pour autant tomber dans l’oubli car les petits enfants de la propriétaire la remarque et se promettent qu’il la restaureront un jour.
La première fois que je l’ai vue, elle croupissait sous une bâche percée, à l’extérieur, dans l’abri a bois. Il pleuvait dedans, l’intérieur était rempli de pièces détachées en vrac. Elle avait l’air à peu près complète, mais le chantier s’annonçait colossal, étant donné que rien, ou presque, ne pouvait être conservé en l’état.
Ce n’est qu’à l’arrivée au garage en Février que j’ai pu me rendre compte de son état réel, des pièces (nombreuses) manquantes et ce qui m’attendait.
Démontée jusqu’à l’os, elle n’est pourtant pas si pourrie que ça, la caisse est même plutôt pas trop mal, une chance inouïe quand on sait la fragilité des tôles de l’époque. Le moteur et la boite sont même en bon état, pas bloqués, peu usés.
La caisse sera décapée au four à pyrolise, puis une fois les foyers de rouille traités, coupés, les tôles remplacées, elle sera traitée à l’apprêt époxy avant de partir en peinture chez Jean Claude le magicien pour retrouver sa teinte bleu ciel d’origine (Renault 410 en équivalent)
Tous les trains roulants sont sablés, traités, repeints.
Tout le circuit de frein avait été cannibalisé, même les tambours de roue n’y étaient plus, plus aucun ressort ni conduite, il a fallu tout refaire.
La sellerie est confiée une fois de plus à Lionel d’Atout Sellerie à Gleizé, qui, avec le tissu d’origine et la toile de capote, va réaliser un travail superbe.
Malgré la simplicité de l’auto, le remontage sera interminable. Toujours une petite pièce introuvable qui bloque le passage à l’étape suivante.
Mais les premiers tours de roue sont une vraie récompense, le petit 400 cc deux temps rend la voiture nerveuse et péchue, elle se faufile partout, hyper légère mais précise à la direction, vraiment parfaite pour la ville et même pas ridicule sur route. Etonnament silencieuse, les vitesses sont bien étagées et elle freine fort. A 70-80 km/h, elle en veut encore… mais je n’en mêne quand même pas trop large dans cette coquille de noix!!